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Procès du Mediator suite

thematiques 12 septembre 2015
Procès du Mediator suite

Procès du Mediator suite

 Servier veut gagner du temps

À l’audience du premier procès du Mediator devant le tribunal de grande instance de Nanterre, les laboratoires Servier ont rafermi leur stratégie : gagner du temps en demandant un « sursis à statuer », et nier systématiquement que leur produit puisse être la cause de l’état de santé des victimes.

Devant les caméras de télévision, dans les couloirs du tribunal de grande instance (TGI) de Nanterre (Hauts-de-Seine), Me Charles-Joseph Oudin agite un objet noir et rond, d’où s’échappent des petits bruits secs. C’est une prothèse cardiaque, identique à celle qui remplace une des valves dans le cœur de Michel Süe. Son client a pris du Mediator pour un diabète entre 2003 et 2009. Ce « tac tac tac », « il l’entend à chaque battement depuis qu’il a été opéré à cœur ouvert », explique l’avocat lors de l’audience, en mettant la prothèse sous le nez des juges de la 2e chambre du TGI. Michel Süe, 72 ans, demande, ce jeudi 10 septembre, que soit reconnue la responsabilité des laboratoires Servier, et réclame pas moins de 900 000 euros d’indemnisation pour son préjudice. La 2e victime dont le dossier est examiné, Esther Soulet, 67 ans, défendue par Me Martine Verdier, n’est pas présente à l’audience. Sous Mediator pendant quatre années, elle souffre aujourd’hui d’essoufflement.

Le procès est le tout premier à se tenir contre Servier depuis que le scandale du Mediator a éclaté, en 2009. Six ans plus tard, la justice tarde à se mettre en marche, et l’audience est très attendue. Pour démontrer la responsabilité de la firme, les avocats des victimes doivent, selon la loi, prouver le défaut du produit. Il leur faut montrer que la sécurité d’utilisation n’est pas celle attendue, au regard des informations données par le fabricant. En clair : les laboratoires Servier connaissaient-ils les risques liés au Mediator, et se sont-ils gardés de les signaler aux autorités, aux médecins et aux patients ? Pour Me Oudin, la réponse ne fait pas l’ombre d’un doute : « En 1993, Servier a analysé les concentrations en norfenfluramine de trois produits : le Pondéral, l’Isoméride et le Mediator. »Le laboratoire est donc parfaitement conscient, dès les années 90, que son médicament contient ce métabolite, dont la toxicité pour le cœur est confirmée en 2000. Mais il se garde de publier les résultats et de modifier les informations qui pourraient conduire à un retrait du marché, qui n’interviendra que 9 ans plus tard.

Rapport balayé d’un revers de main
L’avocate des laboratoires Servier, Me Nathalie Carrère, ne se laisse pas démonter. Dans une longue plaidoirie sans éclat, elle tente de convaincre les juges que le Mediator n’est pas la cause des problèmes de santé de Michel Süe et d’Esther Soulet. Pour dédouaner le fabricant, elle s’appuie sur les errements des autorités sanitaires, affirmant que « jusqu’en 2009, le risque est considéré comme inexistant. Il n’y a pas de publication scientifique, et la plupart des cas de pharmacovigilance sont signalés après 2009. La notice ne pouvait pas contenir d’avertissement avant cette date. » Au passage, elle balaie d’un revers de main le rapport de l’Igas – « un travail réalisé en six semaines, sans contradiction » – qui établit que le Mediator aurait pu être retiré du marché dès 1999. Les conclusions de l’Igas ont toutefois été confirmées par une décision du tribunal administratif de Paris, confirmée elle-même en appel cet été…

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